Quatre personnes discutant autour d’une table avec un tableau blanc affichant “Pédagogie Inversée” et des icônes pédagogiques

Développer l’usage de la pédagogie inversée

Le formateur n’est plus celui qui sait, mais celui qui va offrir à ses apprenants l’opportunité de s’engager autrement dans leurs apprentissages. Pourquoi développer l’usage de la pédagogie inversée ?

Table des matières

Qu’est-ce que la pédagogie inversée ?

Apparue au début des années 2000, notamment grâce à Sal Khan aux États-Unis, la pédagogie inversée bouleverse les codes traditionnels. Le formateur n’est plus uniquement celui qui transmet le savoir. Il devient un facilitateur qui permet aux apprenants de s’engager activement dans leurs apprentissages, en dehors du temps de classe (de formation) pour mieux réinvestir le temps de classe).

Redonner du sens à la présence en formation

En Europe, Marcel Lebrun  est un des pédagogues qui a contribué au développement de la classe inversée et de la pédagogie qui l’accompagne. Cette approche n’est pas récente. Apprendre et expérimenter datent ! Un des atouts de la pédagogie inversée est de redonner du sens à la présence des apprenants et des formateurs dans « l’espace formation », c’est-à-dire de penser « la salle, les visios », les temps d’apprentissage synchrones autrement .

Les fondements de la pédagogie inversée

Contrairement à l’idée reçue du simple « devoir à la maison, exercice en classe », la pédagogie inversée repose sur plusieurs piliers :

  • Des ressources pédagogiques variées : vidéos, supports visuels, contenus interactifs. Ces ressources doivent solliciter plusieurs sens pour favoriser l’apprentissage (cf. apports des neurosciences).
  • Des activités en présentiel : individuelles ou en groupe, elles sont encadrées par le formateur-tuteur.
  • Des projets d’application : ils permettent aux apprenants de mobiliser leurs acquis.
  • Des feedbacks réguliers : de la part du formateur et entre pairs, pour favoriser la métacognition.
  • Un système de valorisation : reconnaissance des efforts et encouragements.

Différents types de pédagogies inversées

Les classes inversées peuvent prendre  des formes variées en fonction des univers d’apprentissage et des intervenants. Marcel Lebrun a identifié trois types de pédagogie inversée, présentés ci-dessous et repris « tels quels » du guide pratique qu’il a co-écrit. 👉 Télécharger le guide  

Type 1 : La classe inversée classique

Le type 1 correspond au schéma « classique » de la classe inversée : « Lectures at home and Homework in class ». Le savoir y est externalisé, en particulier par le numérique, laissant la place en présence à d’autres activités d’accompagnement des apprentissages. L’accent est mis sur l’externalisation des savoirs.

Type 2 : La classe inversée contextualisée

Dans le type 2, les étudiants sont invités à aller chercher les savoirs dans les contextes. Ils recherchent des informations sur une thématique donnée, documentent les sujets qui leur ont été attribués, vont sur le terrain… En préparation du retour en classe, ils partagent leur expérience avec ce matériau sous forme d’activité pour leurs collègues.  L’accent est mis sur les changements de rôles entre l’enseignant et l’apprenant.

Les trois temps d'une classe inversée de type 3 : externalisation des savoirs, contextualisation et recontextualisation.

Type 3 : La classe inversée intégrative

Le type 3 réunit les deux configurations précédentes en alternant les activités de contextualisation (rencontre des contextes, recherche de sens),décontextualisation(modélisation théorique), recontextualisation(applications, problèmes, débats). C’est ce que nous appelons les classes inversées intégratives, avec des activités proposées le long des deux axes.

La classe renversée : une approche encore plus participative

Jean Charles Cailliez est co-fondateur et Directeur d’HEMiSF4iRE Design School et vice-président « Innovation » de l’Université Catholique de Lille. Il a publié de nombreuses vidéos sur la pédagogie inversée et des témoignages d’applications. Dans une de ses vidéos, il explique le concept de classe renversée. Il incite ses étudiants à créer une start-up virtuelle devant produire des connaissances. Les étudiants sont organisés en équipe (en associant profils et niveaux différents pour favoriser les échanges, la coopération et l’entraide). Le travail se déroule en 3 temps :

Temps 1 : L’exploration

Les apprenants, organisés en équipes hétérogènes, recherchent des informations selon les consignes du formateur. Ce travail peut se faire en autonomie ou en classe.

Temps 2 : La restitution

Chaque équipe présente ses résultats sur un tableau pendant 3 minutes. Ensuite, les équipes permutent et enrichissent le travail des autres. Après trois rotations, elles co-construisent une synthèse collective. Le formateur intervient au bout de 12 à 14 minutes pour compléter et corriger.

Temps 3 : L’enseignement par les apprenants

Les étudiants deviennent les « enseignants » du groupe. Ils transmettent les connaissances qu’ils ont construites ensemble. Cette méthode favorise l’engagement, la coopération et l’autonomie.

Conclusion

La pédagogie inversée, et plus encore la classe renversée, offre de nouvelles perspectives pour les formateurs et les responsables formation. Elle transforme la posture du formateur, valorise l’autonomie des apprenants et redonne du sens au temps passé en classe. En intégrant ces approches dans vos dispositifs, vous favorisez des apprentissages plus actifs, plus durables et plus engageants.

Pour aller plus loin, découvrez le programme complet de la formation qui incite à l’utilisation de la pédagogie inversée : Concevoir et animer une formation en blended learning ou à distance

La pédagogie inversée consiste à déplacer l’acquisition des savoirs en dehors du temps de formation (via des ressources numériques, vidéos, etc.) pour consacrer le temps en présentiel ou en visio à des activités d’application, d’échange et de co-construction.

Il faut sélectionner des ressources variées et accessibles (vidéos, infographies, quiz), définir des objectifs clairs, prévoir des activités collaboratives en présentiel, et organiser des temps de feedback pour favoriser la métacognition.

La classe renversée repose sur trois temps : l’exploration (recherche en équipe), la restitution (présentation et enrichissement croisé), et l’enseignement par les apprenants (transmission des savoirs construits). Le formateur devient facilitateur.

En leur donnant des rôles actifs, en valorisant leurs contributions, en créant des projets concrets et en encourageant la coopération entre pairs. L’autonomie et la responsabilisation sont au cœur du dispositif.

Utilisez des outils interactifs (Wooclap, Digipad, LMS), proposez des ressources multimédia, et animez des classes virtuelles centrées sur l’échange, la résolution de problèmes et les retours d’expérience.

Par l’observation de l’implication des apprenants, la qualité des productions collaboratives, les retours en fin de session, et l’évolution des compétences mobilisées dans les projets ou les mises en situation.

La formation « Concevoir et animer une formation en blended learning ou à distance » proposée par Double Voie vous accompagne pour intégrer la pédagogie inversée dans vos dispositifs, en présentiel comme en distanciel.Contenu d’accordéon

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